Qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, la pornographie fait partie de notre environnement culturel. A tel point qu’un journal académique va bientôt se consacrer à la publication de travaux universitaires autour de ce sujet.
Je constate que cela fait déjà de nombreuses années que des étudiants de tous bords (journalisme, sociologie, philosophie…) contactent régulièrement des professionnels du film pour adultes dans le cadre de la rédaction de leur mémoire ou de leur thèse. Certains de ces anciens étudiants que j’ai croisés ont d’ailleurs eu la possibilité de publier par la suite leurs travaux de recherche (Le travail pornographique de Mathieu Trachman, et Féminismes et pornographie de David Courbet).
Voilà également une dizaine d’années que de nombreux philosophes et sociologues, tels que Ruwen Ogien ou, dans une démarche totalement opposée, Michela Marzano, publient des ouvrages sur le sujet. Moi-même, je suis intervenue à plusieurs reprises dans le cadre de conférences et séminaires. C’est dire si ce sujet a son importance éthique et apporte une vision sociétale de notre sexualité. Il était donc temps que les universitaires regroupent leurs travaux sur la question et créent officiellement une nouvelle discipline : l’étude transdisciplinaire de la pornographie.
Et cela va bientôt commencer au Etats-Unis avec la publication du journal Porn studies. A l’instar des « gender studies » (études de genre), Porn Studies va aborder la pornographie en exploitant les champs de la sociologie, de la criminologie, du droit du travail, et de l’analyse des médias. Avis aux chercheurs de tous bords : Porn studies, dont le lancement est prévu pour le printemps 2014, a lancé un appel à contributions !
Si un jour un département d’études du porno s’ouvre officiellement à l’université Paris 8, où se trouve déjà un centre d’études féminines et d’études de genre, inutile de vous préciser que je serai ravie d’y être conviée ! Après tout, pourquoi pas, l’acteur James Deen a bien été invité à intervenir à l’université de Pasadena dans le cadre du cours « Navigating pornography« du professeur Hugo Schwyzer… Nous verrons si la France est aussi réactive sur le sujet !



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« Une vision sociétale »… Ah la la, que ce néologisme ridicule et calqué sur l’anglais peut m’agacer… Comme si « social » (qui se rapporte à la société) était un gros mot et n’existait plus !
Sans vouloir jouer la Maîtresse Capello, sociétal n’est pas un néologisme. Ou s’il en est un à l’origine, alors son entrée dans le dico ne date pas d’hier…
ah que je voudrai reprendre mes études…. ! (humour)
Un souvenir de fac, justement… http://lenouveaumonstre.blogspot.fr/2013/01/lettre-ouverte-aux-deux-sexes-n3.html
Un département d’études sur le porno, ce serait bien cool ! Mais en vrai je n’y crois pas trop.
Déjà parce que la tradition universitaire française est bien éloignée de sa collègue américaine, et que chez nous (trés) rares sont les études orientées autour d’un thème avec l’apport de plusieurs disciplines. Ici, socio, sciences politiques, journalisme… ne se mélangent que rarement. Et c’est bien dommage mais les bonnes idées type cultural studies ça n’a jamais vraiment pris en France.
La preuve, c’est que même les études spécifiquement centrées sur la question du genre, et ben… c’est trés rare. Il y a Paris 8, oui, un truc à l’EHESS aussi, et puis un bon master de socio à Toulouse, mais à part ça…
C’est vrai qu’un domaine de recherche pluridisciplinaire centré sur *un* sujet semble très rare en France. Par contre, la pluridisciplinarité des domaines de recherche entre eux est réelle et favorisée. Nous avons juste une culture différente de la recherche qu’à l’étranger
Dans tous les cas, ce projet de « porn studies » est passionnant ! Pour ma part, je suis en études cinématographiques (sciences humaines) et ce sujet a été abordé -rarement il est vrai- sous de nombreux angles : économiques, esthétiques, cognitifs ou encore « gender », par exemple.
Je ne connais pas très bien l’organisation universitaire (n’y ayant passé que six mois et en fac de science qui plus est), mais la pornographie pourrait y avoir toute sa place. Pas forcément en tant que matière mais au moins en tant que modules car je ne sais pas si un cursus permet de brasser l’ensemble des médias dans laquelle elle s’exprime (littérature, photos, peinture, cinéma, sociologie …) d’autant plus que la pornographie (à travers les âge) est loin de toucher uniquement aux choses du sexe (on a souvent trop tendance à faire l’amalgame entre pornographie et porno/films pornos).